Pourquoi des femmes à la police?

La nécessité d’une plus grande diversité au sein des services de police pour matérialiser les ressources stratégiques opérationnelles et humaines se fait de plus en plus ressentir.

On retrouve les raisons suivantes dans la littérature et les corps de police étrangers (par ordre décroissant d’importance).

Reflet de la société – amélioration du produit de la police

Pour répondre adéquatement aux évolutions de la société, il est important d’anticiper l’adaptation de la structure, la culture et la stratégie de l’organisation policière. On attend d’une organisation diversifiée qu’elle augmente la qualité du produit policier par la combinaison des caractéristiques hommes-femmes et des différences culturelles pour augmenter le niveau du travail policier, en général. Un travail diversifié d’un service de police consiste en une meilleures connaissance et sensibilité envers les allochtones, les femmes et autres groupes ; ce qui rendra possible une police plus efficace. L’important, c’est la reconnaissance et par là, la légitimité du service de police, à côté de l’efficacité de l’organisation policière ; et enfin un argument d’organisation plus théorique: le fonctionnement de divers groupes. Une organisation diversifiée est plus à même de changer dans un environnement pluraliste.

Pénurie future sur le marché du travail : tout simplement une nécessité économique

Vu le grisonnement de la population, il y aura bientôt pénurie de jeunes sur le marché du travail et une organisation ne pourra plus se permettre l’utilisation exclusive de potentiel masculin. Les services de polices qui recrutent uniquement les groupes de type traditionnel (hommes autochtones) ne pourront plus offrir le potentiel suffisant pour combler les places vacantes. Pour pouvoir anticiper à cela, on plaide pour le recrutement de femmes dans les groupes où cela est possible. Les femmes et les minorités ethniques forment en effet, une grande partie croissante du marché du travail. L’utilisation de ce potentiel garantit une occupation optimale de personnel pour l’avenir. La possibilité que ces alternatives soient trop faibles est très rare. Contrairement à une unité de production où les personnes peuvent être remplacées par des machines, le secteur de service, comme les services de police ne le permet pas, l’aspect humain est indispensable. Les services de police devront lutter de plus en plus contre la concurrence d’autres entrprises dans la future décennie pour avoir des travailleurs appropriés. Les services de police devront savoir se vendre afin d’être une entreprise attractive, où les femmes et les hommes peuvent y attendre une bel environnement professionnel.

Carnet de commandes de certains groupes de citoyens sur le marché du travail

Par souci d’équité, les femmes et les hommes ont droit à une position égalitaire dans le milieu du travail. Pourtant, beaucoup de femmes et encore plus d’immigrants sont mal positionné sur le marché du travail. En ce qui concerne le marché de l’emploi, le Gouvernement doit en tant qu’employeur montrer l’exemple. Un service de police, comme exécuteur de la loi et service d’une administration publique doit être un exemple quand il s’agit d’égalité de traitement entre les femmes et les hommes, les allochtones et les autochtones, et lutter contre la discrimination.

Changement de culture et changement d’attitudes

Les changements attendus sur le marché du travail offrent la possibilité, mais créent également l’obligation de réfléchir sur le profil du fonctionnaire de police. La société va vers une attente de plus de diversité, comme c’est déjà le cas aujourd’hui. Ainsi, le rôle et la composition des services de police sera (devra) être différente. Les ministres de l’Intérieur et de la Justice, et les services de police devront dans les années futures réfléchir à ce profil et les conséquences que cela aura sur le personnel ; et en particulier sur le recrutement et la sélection. L’intégration de femmes dans l’organisation peut contribuer à un changement culturel radical, car la présence des femmes aura une influence sur les caractéristiques masculines dominantes d’une organisation policière.

Conclusion

Une organisation policière qui fonctionne bien en interne et qui offre des possibilités à tous ces membres du personnel, et qui utilise les différentes qualités de ces membres, répondra mieux à la demande que lui pose la société. Une structure équilibrée des services de police favorise l’accès aux civils, favorise la compréhension des problèmes spécifiques à la police et enrichit le corps avec de nouvelles visions, de nouvelles approches et usages. Une représentation proportionnelle de femmes et les qualités de ces femmes dans toutes les fonctions et à tous les niveaux de l’organisation est une condition nécessaire pour arriver à un produit policier de qualité. C’est par là que débute une organisation changeante qui est prête pour le futur.

En Belgique 15% des fonctionnaires de police sont des femmes. De ce fait, la Belgique se situe dans la moyenne de l’Europe en ce qui concerne le nombre de femmes dans les services de police. L’Angleterre est leader en ce qui concerne le nombre de femmes policières. Après l’Angleterre, on retrouve la Suède et les Pays-bas. De nombreux pays européens ont moins de 15% de femmes policières. Dans tous les cas, le nombre de femmes dans les services de police européens est quasi toujours inférieure au pourcentage de femmes politiques dans les différents pays et au niveau européen. Le pourcentage des femmes policières dans nos pays voisins, Pays-Bas et Grande-Bretagne sont remarquables.

Dans les publications sur les femmes à la police on cite presque toujours la culture masculine comme facteur entravant l’intégration. La culture à la police est caractérisée par les hommes. Lord parle de « chauvinisme mâle” qui signifie que la police se limite souvent à l’aspect “costaud”du travail, à la force ; et de ce fait au travail masculin.